De la rhétorique à l’effectivité : evaluons le changement 20 ans après Beijing

Contexte

Vingt après leur adoption par la Conférence mondiale sur la femme (Beijing, 1995), les progrès réalisés dans l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing par les Etats seront examinés suivant un processus dont le déroulement est à triple échelle : national, régional et international. Les États sont priés d’entreprendre des examens approfondis relatifs aux progrès accomplis et aux défis rencontrés dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing ainsi que sur les conclusions de la 23e session extraordinaire de l’Assemblée générale.

Décliné en 12 domaines de préoccupations prioritaires, La Plate –forme d’action de Beijing constitue le cadre politique et programmatique des droits des femmes/filles le plus complet à ce jour. Toutefois, les données et les vécus quotidiens des femmes et des filles dans de nombreuses régions du monde témoignent de l’ampleur des résistances à sa mise en œuvre, et de réalisations qui sont loin d’être à la hauteur des ambitions ayant présidé à son élaboration et du consensus ayant permis son adoption. Comme le souligne la directrice exécutive d’ONU-Femmes « La plate-forme d'action de Beijing n'a pas honoré sa promesse aux femmes et aux filles. Notre objectif est clair : un engagement renouvelé, les mesures de capacité et de ressources accrues pour l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et les droits humains des femmes et des filles» (Onu femmes, 22 juin 2014).

Les examens nationaux doivent couvrir les tendances, réussites et écarts existants, ainsi que les plans futurs en faveur de l’accélération de la mise en œuvre de la Plateforme d’action de Beijing. Les gouvernements sont fortement encouragés à travailler de concert avec les parties prenantes concernées à tous les niveaux préparatoires de ce processus et à soutenir le rôle et les contributions de la société civile, plus particulièrement des organisations non gouvernementales et des organisations de femmes.

Au niveau régional, les cinq commissions économiques de l’ONU s’appuieront sur les examens nationaux pour préparer des rapports régionaux d’évaluation au cours de l’année 2014. Ce processus implique également l’organisation de rencontres intergouvernementales dans l’ensemble des cinq régions afin de d’alimenter les travaux de 59ème session de la Commission de la condition de la femme.

Au niveau mondial, ce processus fera l’objet de l’ordre du jour de la cinquante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme (9 au 20 mars 2015) afin d’examiner les défis actuels affectant la mise en œuvre du Programme d’action, ainsi que les opportunités en faveur de la réalisation de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans l’Agenda pour le développement post-2015.

Beijing + 20 et Agenda pour le développement Post-2015 : un appel fort pour les droits de l'homme et la justice pour tous

Depuis l’adoption par la communauté internationale de la Déclaration du Millénaire pour le Développement et de ses objectifs (OMD, 2000), partant du constat qu’aucune dimension du développement économique et social n’est neutre du point de vue genre, le mouvement féministe international n’a eu de cesse de (i) souligner que les droits des femmes et des filles ont été greffés aux OMD plutôt que d'en faire partie intégrante et (ii) mettre l’accent sur la nécessité d’un engagement politique fort de la communauté internationale et des Etats en faveur de l'égalité des sexes afin que le prochain Agenda pour le développement Post-2015 adopte une approche basée sur les droits et intègre d’une manière systématique la perspective genre.

Le processus actuel initié par la communauté internationale visant l’accélération des progrès de la réalisation des OMD d'ici à 2015 et l’établissement d’un nouveau cadre pour le développement représente une opportunité historique pour mettre l'égalité, l'autonomisation et la lutte contre les violences à l’égard des femmes/filles au cœur de l'agenda mondial pour le développement.

Le Forum mondial des DH (FMDH, Marrakech 27, 28, 29 et 30 novembre 2014)

Au mois de décembre 2013, le Secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme de la présidence de la République du Brésil a organisé le Premier Forum mondial des droits de l’Homme (FMDH), avec plus de 5 000 participant-e-s du Brésil, d’Amérique latine mais aussi de nombreux autres pays.

La deuxième édition du FMDH est prévue à Marrakech du 27 au 30 novembre 2014, alors que l’Argentine accueillera l’édition suivante. Le FMDH de Marrakech intervient quelques mois avant les rendez- vous pris par la communauté internationale pour l’examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Plate forme de Beijing et des OMD. Dans ce sens, l’organisation du Forum thématique Beijing +20 représente une réelle opportunité et une importante étape en vue de ces rendez-vous. Ainsi les représentants des gouvernements, des institutions nationales des droits de l’Homme (INDH) et des organisations de droits de l’Homme et autres parties prenantes auront la possibilité d’échanger, de débattre et d’adopter des conclusions et recommandations qui seront portées à la Conférence finale du FMDH qui regroupe les organisations de la société civile au niveau national, régional et international, les gouvernements, les INDH, le système international des droits de l’Homme de l’ONU, ainsi que des personnalité engagées en faveur des droits humains.

Le Forum thématique « Beijing+ 20 sera» organisé sur le thème « De la rhétorique à l’effectivité : Evaluons le changement 20 ans après Beijing » avec l’ambition de contribuer à l’inscription de l’Agenda pour développement Post-2015 dans une approche basée sur les droits et à la convergence des engagements futurs de la communauté internationale en faveur des droits des femmes et des filles, à la fois dans le cadre de l’après Beijing et de l’Agenda pour le développement post-2015.

Les axes proposés aux débats

Depuis l’adoption de la Plateforme de Beijing et des OMD, la globalisation et la crise économiques, la mobilité humaine, les guerres et les conflits impliquent de nouveaux défis et enjeux pour l’égalité et pour la promotion des droits humains des femmes et des filles :

  • Quels sont les principaux obstacles et enjeux à la promotion de l’égalité et parité hommes-femmes dans tous les domaines et à la lutte contre l’impunité en matière de violences fondées sur le genre dans un monde globalisé, ayant enregistré de profondes mutations économiques, sociales et technologiques ?
  • Quels nouveaux paradigmes /approches pour le renouvellement et l’accélération des engagements de la Plateforme de Beijing et de l’Agenda pour le développement Post-2015 ?
  • Quels sont les principaux leviers et pistes pour le changement ; et de quelle manière renforcer l’articulation et la convergence des engagements de la communauté internationale en faveur des droits des femmes dans l’après Beijing et dans l’Agenda pour le développement Post- 2015 ?
  • Quels sont les moyens et outils à mobiliser par les défenseurs des droits de l’Homme et les avocat-e-s de l’égalité pour améliorer leurs mobilisation et plaidoyer au niveau national, régional et international afin d’influer sur le processus mondial de l’après Beijing et Post- 2015 et garantir l’effectivité des engagements en faveur des droits des femmes ?

De quelle manière contribuer à l’amélioration de la prise en compte des droits des femmes par le système de l’aide internationale au développement et comment renforcer les impacts, efficacité et redevabilité de ce système ?