Droit à l’environnement et justice climatique

Sauvons la planète par 4D : Le Droit et le Devoir pour le Développement Durable

Parce que la nature offre à l’Homme les services indispensables à sa vie, à sa santé et à sa sécurité (l’oxygène à respirer, l’eau à boire, l’alimentation pour satisfaire ses besoins, la lumière et le vent pour produire l’énergie, les matériaux pour construire son habitat etc.), le droit à l’environnement se trouve à la source et en amont de tous les droits

Malheureusement et malgré cette importance de l’environnement naturel, le mode de vie adopté par les pays dits développés, qui a tendance à devenir prédominant chez la plupart des communautés humaines partout dans le monde, est un mode qui repose sur le paradigme de la croissance économique à travers l’augmentation rapide et simultanée de la production et la consommation de tous les biens. Ce paradigme se traduit dans les faits par une surexploitation des ressources naturelles, la dégradation de leur qualité, la production de divers déchets insupportables par la planète. Le volume et la qualité des services rendus par la nature à l’Homme se trouvent ainsi de plus en plus affaiblis.

L’humanité a pris conscience depuis plusieurs décennies du danger et des menaces générés par ce mode de vie et a cherché à lui substituer, surtout depuis le Sommet de Rio de 1992, le nouveau concept de développement durable, alliant harmonieusement croissance économique, développement humain et protection de l’environnement.

Le contexte dans lequel se tient le FMDH est malheureusement particulièrement difficile pour l’humanité et fortement préjudiciable à son développement futur, voire sa pérennité. En effet, malgré les efforts déployés par les organisations internationales et les différents Etats pour promouvoir le développement durable, les résultats enregistrés sont de loin en deçà des défis à relever et des objectifs fixés, malgré les sommets et les Conférences des Parties (COP) tenus, les accords signés, les programmes et les rapports établis, etc. Comme en témoignent les Sommets qui ont suivi Rio (Copenhague, Pékin, le Caire, Rio +10, Rio +20), les réunions de suivi des Conventions de Rio, les recommandations sur le changement climatique de Kyoto, de Bali, de Copenhague, de Durban, … et sur la biodiversité de Carthagène, de Nagoya, etc.

Comment dépasser les contraintes de ce contexte défavorable, sortir de l’impasse et mobiliser toute la communauté internationale pour promouvoir le droit au développement durable ? Ce forum thématique a pour ambition de contribuer à la réflexion et à la formulation de réponses fortes à cette question aussi importante que complexe.

Les principales problématiques proposées à la discussion sont les suivantes.

Concernant le changement climatique, les émissions des gaz à effet de serre poursuivent leur courbe ascendante, provoquant plus de réchauffement de la planète et des impacts très négatifs sur le développement et la sécurité des populations, dus notamment aux catastrophes naturelles (plus fréquentes, plus sévères et plus diversifiées), la fonte des glaciers et le relèvement du niveau des mers et l’érosion des zones côtières. L’enjeu à cet égard est de redoubler tous d’efforts afin de lutter contre ce changement climatique notamment, par le développement des énergies renouvelables et le renforcement des actions d’efficacité énergétique.

La raréfaction des disponibilités en eau et la dégradation de leur qualité ne permettant plus de satisfaire tous les besoins de la population mondiale. Comment généraliser les techniques de collecte, de stockage et d’économie des eaux, d’épuration et de recyclage des eaux usées, et encourager des programmes de dessalement des eaux de mers ?

En milieu terrestre comme en milieu marin, la dégradation des formes éco systémiques et génériques de la biodiversité ne lui permettent plus de rendre, comme par le passé, les services réclamés par les populations. Nous sommes à cet égard tous invités à assurer la protection, l’intensification et la durabilité de notre biodiversité (dont l’apiculture) afin de juguler l’extension de la désertification et de lutter contre la faim dans le monde, notamment à travers les modèles de l’agriculture familiale et la pêche responsable.

L’utilisation abusive des produits chimiques et la prolifération de toutes les formes de déchets -que la planète ne peut plus dégrader naturellement- portent atteinte à la santé ; Comment encourager toutes les formes de réduction de leur production, de leur recyclage, de leur réutilisation et, en cas de nécessité, de leur élimination de manière à minimiser l’impact sur l’environnement ?

Face à la dégradation des valeurs humaines et des comportements socioculturels respectueux de l’environnement, il s’agit de stimuler toutes les initiatives permettant d’affronter les défis enregistrés, notamment à travers la généralisation de la culture environnementale, l’éco- civisme, la liaison du droit aux obligations, la solidarité, la recherche scientifique, la formation, l’information, la sensibilisation, le plaidoyer, etc.

Le rôle primordial des opérateurs économiques qui continuent encore à surexploiter et à polluer les ressources naturelles, doit être aussi débattu, pour les convaincre et, éventuellement, les contraindre, pour intégrer la composante environnementale dans leurs activités ; l’utilisation des instruments économiques et financiers pouvant constituer un outil précieux à cet effet.

Face aux faibles performances de la plupart des organisations internationales compétentes et des Etats pour promouvoir le développement durable, il s’agit d’identifier les pistes les plus pertinentes pouvant mener à une gouvernance plus performante et la prise en compte de la problématique des réfugiés climatiques.

Il est attendu également que le forum thématique aborde quelques sujets spécifiques à la région méditerranéenne et au Maroc.

Pour la Méditerranée, compte tenu de ses spécificités naturelles et de sa grande sensibilité au changement climatique, une vigilance particulière s’impose, notamment en termes de prévention de la surexploitation de la biodiversité et de la pollution de la mer, de gestion du tourisme, ainsi que de l’instauration de partenariats méditerranéens pour une meilleure gouvernance de la zone.

Pour le Maroc, compte tenu de ses spécificités naturelles et humaines, une attention particulière est à prêter à l’aménagement du territoire et le développement rural, à la lutte contre la désertification, à l’exploitation des schistes, ainsi qu’à une meilleure gouvernance environnementale à travers la régionalisation et la lutte contre les disparités préjudiciables au développement durable.

Ce forum thématique est proposé par l’Association Eau et Energie pour Tous (AEEPT), l’Association Ribat Al Fath pour le Développement Durable (AEFDD), l’Association Bouregreg (AB), le Club Marocain de l'Education et de la Protection de l'Environnement (CMEPE), l’Association pour le Contrat Mondial de l'Eau (ACME), l’Association Marocaine des Experts des Déchets et de l'Environnement (AMEDE), l’Association des Amis de la Forêt et du Littoral de Harhoura (AFLH), le Forum Marocain des Initiatives de l'Environnement de Fès ( FMIE) et WWF.