La violence contre les enfants

Aucun gouvernement, parent, adulte ne peut accepter sans réagir les statistiques et données sur la violence faite aux enfants ; cette violence répandue, souvent cachée, parfois même socialement ou culturellement admise, doit cesser. C'est le message au cœur de la campagne de #ENDviolence de l'UNICEF.

Aucun pays n'est à l'abri. Souvent, la violence se produit à la vue de tous, et si nous n’en parlons pas, si nous ne cherchons pas à l’arrêter, nous devenons complices

Chaque enfant a le droit de survivre, grandir et être protégé contre toutes les formes de violence. Pourtant, pour des millions d'enfants à travers le monde, la violence est une terrible réalité. Et la violence contre les enfants ne fait pas de discrimination. Elle dépasse les frontières de l'âge, de la géographie, de la religion, de l'ethnicité et du milieu social. Elle prend de nombreuses formes : physique, sexuelle, émotionnelle. Elle se produit dans des endroits où les enfants devraient être en sécurité : leurs maisons, les écoles, ... et les communautés. De plus en plus, elle se produit sur l'internet. Et elle est perpétrée par des membres de la famille et des enseignants ... par des voisins et des étrangers ... et même par les autres enfants.

Une violence dont l’ampleur va crescendo, comme en témoignent certaines données :

•       Près de 120 millions de filles à travers le monde (plus de 1 sur 10) ont connu des rapports sexuels forcés ou d'autres actes sexuels forcés à un certain moment dans leur vie ;  

•       En 2012, quelques 95 000 enfants et adolescents âgés de moins de 20 ans sont morts à la suite d'homicide - soit une personne sur cinq de toutes les victimes d'homicide ;

•       Six enfants sur dix dans le monde sont soumis régulièrement à des châtiments corporels à la maison.

Et ces chiffres sont probablement sous-estimés. Beaucoup d'enfants sont trop jeunes ou ont honte de dénoncer la violence. En bref : trop de victimes, d’auteurs et de témoins voient la violence comme normale ou habituelle. Et lorsque la violence passe inaperçue et non déclarée, nous alimentons la croyance chez les enfants qu'elle est normale et qu'ils doivent la tolérer.

Or, la violence doit dans tous les cas être considérée comme anormale. Pour en faire une réalité, nous devons lutter contre les attitudes qui perpétuent et justifient la violence. Par exemple, près de la moitié de toutes les adolescentes âgées de 15 à 19 ans dans le monde (environ 126 millions) croient que le mari est en droit de frapper parfois sa femme. Le bilan de ces attitudes et les actions sur les individus et sur les sociétés  est terrible.

Dans la petite enfance, l'exposition à la violence peut entraver le développement mental et cognitif  de l'enfant. En effet La violence contre les enfants, qu’elle soit directe et/ou  indirecte, peut conduire à des troubles du comportement, à la  faible estime de soi, à des mauvais résultats scolaires. Et dans certains cas, elle peut conduire à la dépression, à l'alcoolisme et à l'abus de drogues, à l'automutilation et même au suicide.

Par ailleurs,  les effets de la violence peuvent être transmis de génération en génération, certaines  victimes  perpétuant ce qui leur a été infligé.

La violence contre les enfants est très répandue. Mais elle n'est pas inévitable. Nous devons ensemble chercher à la réduire à travers le soutien aux parents et aux familles, le changement des attitudes et l’application effective des lois qui protègent les enfants.

Le forum permettra de dégager des pistes et stratégies pour les millions d'enfants qui souffrent en silence, pour sortir la violence de l’ombre, s’attaquer à ses racines et protéger les enfants  contre toutes les formes de violence.

Ce forum thématique est organisé par le bureau de l’UNICEF au Maroc et le CNDH.