Liberté de conscience

Plate-forme de l’atelier consacré à la liberté de conscience

(FMDH, Marrakech, 27/30 novembre 2014)

 

Le mouvement marocain « DAMIR » propose l’organisation d’un atelier international sur « la liberté de conscience » lors du Forum mondial des droits de l’Homme (FMDH) prévu pour le mois de novembre 2014. Pour le mouvement, l’importance et l’urgence d’un tel atelier résident dans le fait que le thème proposé est, actuellement, l’un des défis majeurs que confronte le monde.

 

Le mouvement « DAMIR » accorde un intérêt particulier à ce thème, comme le démontrent ses positions rendues publiques, dont la dernière a salué  la décision du Maroc, lors de la 25ème session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, consistant en l’adoption da la Résolution internationale relative à la liberté de religion ou de conviction. De surcroît, le mouvement organise, avec d’autres partenaires, les 17 et 18 novembre 2014, un colloque scientifique régional sur « La question de la religion et de la liberté » qui verra la participation de chercheurs de nombreux pays.

 

Le mouvement « DAMIR » vise, à travers la proposition de réserver l’un des ateliers du FMDH à cette thématique, plusieurs objectifs, au premier rang desquels on dénombre :

- L’actualisation du débat de la question entretenu par les différents intervenants et concernés : système onusien, Etats, gouvernements et sociétés civiles internationale, régionale et locale ;

- La conscientisation sur le thème débattu, en cette phase très sensible, tant au plan régional que mondial ;

- La consolidation de l’option adoptant le référentiel international indivisible, avec la réaffirmation de la liberté de conscience en tant que droit inaliénable, et ce lors d’une manifestation mondiale abritée par le Maroc ;

- L’exploration des voies susceptibles de renforcer le rôle de l’ensemble des intervenants en matière de protection de la liberté de conscience contre toutes les nouvelles formes de persécution, de marginalisation, d’exclusion et de mépris ;

- La participation à la redynamisation du processus initié par l’ONU dans le domaine du raffermissement des garanties relatives à ce sujet, processus stoppé depuis un certain temps (1981) ;

- Tirer bénéfice de la présence de penseurs consacrés, de créateurs, d’acteurs sociaux et de gens de lettres, des deux sexes (Cf. liste des noms proposés), pour l’échange des conceptions et l’approfondissement de la réflexion autour de  la problématique proposée, ainsi que pour l’affermissement de l’option visant la protection de la liberté de conscience et la lutte contre toute forme de persécution, qu’elle soit fondée sur des motifs religieux ou d’autres motifs.

 

Tout en soulignant la portée des acquis réalisés jusqu’à présent, le mouvement « DAMIR » relève que les évolutions et aboutissements vécus, concrètement, par nombre de régions et pays à travers le monde révèlent la précarité de ces acquis.

D’autre part, et tout en réaffirmant la conviction en les valeurs éclairées véhiculées par les religions, force et de constater que ces dernières restent sujettes à adhésion, rejet et tiraillement. La multiplicité de celles-ci et leurs dissemblances génèrent certains phénomènes négatifs relevant de la violence à aspects multiples, tels que l’assassinat, la profanation de cadavres, le viol et l’asservissement… Elles entraînent pareillement la proclamation et la constitution d’Etats sur des bases purement religieuses. On observe, par ailleurs, l’instrumentalisation de prétextes découlant de la spécificité en matière de droits humains pour violer les droits de l’Homme dans leur ensemble, dont la liberté de conscience. Les religions sont instrumentalisées, aussi et avec constance, pour le recours à la persécution et à la domination politiques, sur le plan régional et à l’échelon interne.

 

Le mouvement « DAMIR » aspire, à travers la présente proposition et dans le cadre du FMDH,  à interpeller toutes les parties intéressées et concernées en leur posant les questions suivantes : Est-ce que le monde a besoin, actuellement, d’examiner le degré d’efficience des conventions et instruments internationaux, disponibles au sein du corpus des droits de l’Homme et ayant trait à la protection du droit en question, ainsi que celle des minorités religieuses, de la persécution fondée sur des convictions religieuses ? Est-ce que la communauté internationale a besoin, présentement, d’œuvrer en vue de faire évoluer les conventions internationales et régionales pertinentes ? Est-ce que la Résolution de l’Assemblée générale de l’ONU de 1981 est suffisante pour faire face aux nouveaux défis ? Le plan d'action de Rabat relatif à l'interdiction de l'incitation de la haine nationale, raciale et religieuse, adopté dans notre pays dernièrement, représente-il un authentique et quantitatif jalon au sein de ce processus ?

 

Nous rappelons, à ce propos et en priorité, la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination racialede 1981 (articles premier et 8) en tant que référence essentielle dans le domaine, et avec elle les textes qui lui sont antérieurs : la Charte des Nations-Unies de 1945 (articles premier, 13 et 55), la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 (articles 26 et 18), la  Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination racialede 1965 (article 5), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 (articles 18 et 26), le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturelsde 1966 (article 13) et la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes de 1979 (article 16).

 

Le mouvement « DAMIR » aspire, en outre, à poser des interrogations touchant le rôle des institutions religieuses, à travers le monde, dans la consécration du respect de la totalité des religions, l’approfondissement de la coexistence entre elles et le respect de tous les choix dans ce domaine. A quoi s’ajoute la question de la possibilité d’affermissement du rôle des Nations-Unies, de ses Etats membres, des institutions législatives, humanitaires, culturelles et universitaires, chacune dans son domaine de compétence et selon un programme à durée déterminée, en matière d’épuration des systèmes scolaires de tout contenu violant la liberté de conscience ; ainsi qu’en matière d’enseignement des religions par des institutions spécialisées, enseignement respectant impérativement la tolérance et la coexistence.

 

« DAMIR » aspire, en plus, à ce que les résultats de cet atelier soient enrichis par diverses mesures qu’on peut résumer comme suit :

- L’élaboration d’un appel solennel à cette occasion, relatif exclusivement à la liberté de conscience ;

- L’exhortation à la création d’un réseau international composé de la société civile nationale, régionale et international, et doté d’un financement mondial, pour la défense de la liberté de conscience ;

- L’Invitation à la mise en place de programmes visant le renforcement du rôle de la société civile, au niveau international et dans chaque pays et région, en matière de protection de la liberté de conscience et de conviction, et de lutte contre les nouvelles formes d’atteinte à celle-ci ;

- L’appel à la mise en place de programmes visant la consolidation du rôle des Nations-Unies, des Etats, des parlements, des institutions et des professionnels de la communication et des médias, en matière de prohibition des formes d’atteinte à la liberté de conscience (haine à l’encontre des minorités religieuses, antisémitisme, islamophobie…) ;

- Le raffermissement du rôle des professionnels de la communication et des médias, utilisant autant  les nouveaux supports que les anciens, en matière de proscription et de prohibition de toutes les formes d’atteinte, dans le domaine de la presse et de la communication, au droit à la liberté de conscience ;

- La consolidation du rôle des échanges culturels, artistiques et intellectuels dans l’affermissement du respect de la liberté de conscience.